Préface

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وَمَا أَرْسَلْنَا مِن قَبْلِكَ إِلاَّ رِجَالاً نُّوحِي إِلَيْهِمْ فَاسْأَلُواْ أَهْلَ الذِّكْرِ إِن كُنتُمْ لاَ تَعْلَمُون
Nous n’avons envoyé, avant toi, que des hommes auxquels Nous avons fait des révélations.
Interrogez donc les gens du Rappel, si vous ne savez pas - Coran sourate 16 verset 43.

Qui pouvait imaginer qu’un jour des musulmans iraient jusqu’à remettre en cause la légitimité des quatre imâms et des quatre écoles de droit sunnites au nom… du Coran et de la Sunna ?
Eh bien ! c’est chose faite aujourd’hui.
Certes, il a fallu, pour en arriver là, que la Communauté musulmane en soit arrivée à une phase assez éloignée de la spiritualité des pieux Anciens. Sans doute, il a fallu, pour aboutir à cet état de fait, que celle-ci fasse les concessions les plus injustifiées à un esprit moderne qui ne fait qu’un avec l’esprit anti-traditionnel lui-même.
Mais ceci n’explique pas tout, et il est nécessaire de chercher les racines de ce renversement dans quelque œuvre de déviation ancienne arrivée aujourd’hui à un stade extrême.
Il est vrai que le discours des détracteurs des quatre écoles de droit sunnites est suffisamment habile pour que l’immense majorité des musulmans s’y laisse tromper : appel à la création d’une seule école de droit qui réunirait sunnites et chiites ; invitation à l’exercice sans réserve de l’interprétation juridique – y compris pour qui n’y est pas habilité ; exhortation au « renouveau » de la pensée législative en Islâm et à une « relecture » des énoncés scripturaires …
Il fallait en effet que l’esprit du mensonge revête tous les déguisements pour ne pas être reconnu pour ce qu’il est. Il fallait qu’il imite à sa façon, en l’altérant et en le faussant de manière à le faire toujours à ses fins, cela même à quoi il veut s’opposer : faisant en sorte qu’une hypothétique école de droit unique prenne les apparences des quatre écoles consacrées de droit, dissimulant la négation du Coran et de la Sunna sous l’affirmation de leur défense...
Seulement un discours mensonger doit toujours comporter dans une de ses parties quelque chose de saugrenu ; c’est là, dirions-nous, sa marque de fabrique. Or, s’il y a une affirmation qui prête à rire, c’est bien celle qui consiste à prétendre que se conformer à l’une des quatre écoles de droit sunnites est contraire au Coran et à la Sunna ; comme si ces quatre écoles puisaient à une autre source !
De même l’affirmation fallacieuse qui consiste à dire que l’Islâm comprend uniquement cinq piliers, ainsi qu’il est rapporté dans un hadîth, et que ni Dieu ni Son Envoyé – sur lui les grâces et la paix – n’ont demandé aux musulmans de se conformer aux préceptes édictés par les docteurs des quatre écoles de droit hormis cela. Comme si ces cinq piliers fondamentaux n’exigeaient pas d’être étayés et explicités par ces milliers d’autres hadîth rapportés d’après le Prophète – sur lui les grâces et la paix –, lesquels traitent de tous les aspects de la vie du musulman, pour en comprendre et en appliquer les préceptes !
Pour parler bref, nous dirons que l’objectif de ce modeste ouvrage est de donner au lecteur une idée fidèle des quatre écoles de droit sunnites, en lui présentant un historique succinct de leur développement, une courte biographie des imâms qui y ont donné leur nom, un aperçu sommaire des causes de leurs divergences et une vue d’ensemble des règles inhérentes à la pratique de l’ijtihâd.
L’essentiel pour nous étant d’en appeler inlassablement à une restauration du sens de la doctrine et de la tradition, y compris dans un domaine aussi « extérieur » que celui du droit musulman.
Corentin Pabiot.